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Il fut un temps où nos seules limites étaient celles de notre imagination, assis sur un tapis, entourés de briques colorées. Aujourd’hui, de plus en plus d’adultes — les AFOL (Adult Fans of LEGO) — retournent vers ce loisir. Mais au-delà du jeu, c’est une véritable quête de reconstruction qui se joue. Entre refuge émotionnel et outil d’ergothérapie, la brique LEGO s’impose comme un médiateur puissant entre le corps et l’esprit.

Retrouver l’enfant intérieur : Le refuge contre le monde

Pour beaucoup, replonger dans un manuel de construction est une manière de guérir des nostalgies silencieuses. Que l’on souhaite rattraper une « enfance perdue » ou simplement retrouver une sensation de pureté, assembler des briques permet de reconnecter avec une part de soi que l’on croyait oubliée.

– La « bulle » de déconnexion : Dans un monde saturé de notifications, le set LEGO devient un sanctuaire. C’est une forme de méditation active : en se concentrant sur l’emboîtement parfait, le bruit du monde extérieur s’estompe.

– Le contrôle retrouvé : Là où la vie est imprévisible, la notice offre une promesse : si vous suivez les étapes, vous réussirez. C’est un cadre rassurant qui permet de s’isoler pour mieux cicatriser.

L’Ergothérapie Physique : La précision du mouvement

Sur le plan moteur, la construction LEGO est un exercice de motricité fine d’une efficacité redoutable, souvent utilisé pour la rééducation fonctionnelle.

– La pince digitale : Saisir une pièce 1×1 sollicite une coordination parfaite entre le pouce et l’index, essentielle après un traumatisme de la main ou pour freiner la perte de dextérité.

– Coordination œil-main : Traduire une instruction en 2D (la notice) en une action motrice en 3D force le cerveau et la main à travailler en parfaite synchronisation.

– Dosage de la force : Appuyer « juste assez » pour clipser sans écraser apprend au patient à calibrer sa force musculaire et sa proprioception.

L’Ergothérapie Psychique : Reconstruire l’estime de soi

L’ergothérapie ne soigne pas que les muscles ; elle aide à retrouver une autonomie mentale. Le LEGO agit ici comme un véritable remède à emboîter.

– L’ancrage (Pleine conscience) : Le cliqué des briques crée une rupture nette avec l’anxiété. Cet état de « flow » réduit le stress et stabilise l’attention.

– La victoire sur la frustration : Finir un set, c’est atteindre un objectif tangible. Pour une personne en burn-out ou en dépression, cette réussite matérielle est un premier pas crucial pour restaurer l’estime de soi.

– Le langage de l’indicible : En thérapie, construire sans notice permet d’extérioriser des émotions difficiles à verbaliser. On ne dit pas « je souffre », on construit une structure qui exprime notre état intérieur.

Plus qu’un jouet, une résilience

S’offrir un set LEGO à l’âge adulte n’est pas un signe d’immaturité, c’est une démarche de soin. Que ce soit pour soigner ses souvenirs, s’isoler du tumulte ou rééduquer ses capacités physiques, la petite brique est une alliée précieuse. Elle nous rappelle qu’avec de la patience, pièce après pièce, tout peut être reconstruit.

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