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Déterminer les causes exactes du TDAH est un défi pour la recherche, car il ne s’agit pas d’une maladie provoquée par un seul facteur (comme un virus ou une blessure unique), mais d’un trouble multifactoriel.

La composante Génétique (Certitude : Très élevée)

​La génétique est le facteur prédominant. Le TDAH est l’un des troubles psychiatriques les plus transmissibles.

​Héritabilité : Des études sur les jumeaux ont montré que l’héritabilité du TDAH est d’environ 74 % à 76 %. Si un parent a un TDAH, l’enfant a environ 50 % de chances de présenter le trouble.

​Gènes impliqués : Il ne s’agit pas d’un « gène du TDAH », mais d’une combinaison de variations sur plusieurs gènes, notamment ceux liés au transport et à la réception de la dopamine (gènes DRD4, DRD5, DAT1).

Les causes Neurobiologiques (Certitude : Avérée)

​Le TDAH se manifeste par des différences structurelles et fonctionnelles dans le cerveau.

​Déficit en neurotransmetteurs : Il existe un déséquilibre dans la gestion de la dopamine (circuit de la récompense et motivation) et de la noradrénaline (attention et vigilance).

​Retard de maturation : L’imagerie cérébrale montre que certaines zones du cerveau, particulièrement le cortex préfrontal (qui gère le contrôle de soi et l’organisation), atteignent leur maturité avec un retard de 2 à 3 ans par rapport à un cerveau neurotypique.

​Connectivité : Les réseaux de communication entre le « cerveau émotionnel » (système limbique) et le « cerveau exécutif » (cortex préfrontal) sont moins denses.

Les facteurs environnementaux et périnataux (Certitude : Facteurs de risque)

​Ces éléments n’expliquent pas tous les cas, mais ils augmentent significativement la probabilité de développer le trouble :

​Exposition prénatale : La consommation de tabac, d’alcool ou de drogues durant la grossesse est fortement corrélée à un risque accru.

​Prématurité et faible poids : Un cerveau qui n’a pas fini son développement in utero est plus vulnérable aux dysfonctionnements neurodéveloppementaux.

​Exposition aux toxines : Une exposition précoce au plomb ou à certains pesticides organophosphorés est documentée comme facteur aggravant.

Mes points de doute et nuances nécessaires

​Il est crucial de dissiper certaines idées reçues pour lesquelles la science n’a pas trouvé de preuve de causalité directe :

​L’éducation : Une mauvaise éducation ou un manque de cadre ne causent pas le TDAH. Cependant, un environnement familial chaotique peut aggraver l’expression des symptômes.

​Le sucre et les colorants : Bien que des études anciennes aient suggéré un lien, les méta-analyses actuelles concluent que le sucre ne cause pas le TDAH, même s’il peut provoquer une excitation passagère chez tous les enfants.

​Les écrans : Ils sont souvent pointés du doigt. La science actuelle suggère une corrélation mais pas une causalité. Les enfants TDAH sont plus attirés par les écrans (source de dopamine rapide), mais les écrans ne créent pas le trouble neurologique à la base.

Les sources utilisées :

Faraone, S. V., et al. (2021) : The World Federation of ADHD International Consensus Statement.

​Thapar, A., & Stergiakouli, E. (2021) : Genetic dynamics of ADHD.

​Haute Autorité de Santé (HAS) : Trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité : de quoi parle-t-on ?

​Cortese, S., et al. (2023) : Neuroimaging in ADHD: A review of recent findings.

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