L’histoire du TDAH est fascinante car elle montre l’évolution de la perception médicale : d’un simple « défaut moral » à un trouble neurologique complexe. Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas un trouble « moderne ».
Voici la chronologie rigoureuse de son évolution, basée sur les archives de la psychiatrie.
Les premières observations (XVIIIe – XIXe siècle)
Avant d’être nommé, le trouble était décrit comme un manque de contrôle de l’esprit ou une agitation physique extrême.
1775 : Melchior Adam Weikard. Ce médecin allemand publie le premier texte médical décrivant des symptômes d’inattention (« Lack of Attention ») chez les enfants et les adultes. Il considérait cela comme le résultat d’un manque d’éducation ou d’un tempérament trop « impatient ».
1798 : Sir Alexander Crichton. Dans son ouvrage An Inquiry into the Nature and Origin of Mental Derangement, ce médecin écossais décrit une « agitation mentale » (Mental Restlessness) très proche de l’inattention moderne. Il notait déjà que ces enfants ne pouvaient pas fixer leur attention sur un seul objet assez longtemps pour apprendre.
Le tournant du XXe siècle : « L’instabilité motrice »
C’est à cette période que la médecine commence à soupçonner une cause organique plutôt que morale.
1902 : Sir George Still. Il donne des conférences devant le Royal College of Physicians de Londres. Il décrit des enfants présentant un « défaut de contrôle moral » sans altération de l’intelligence. C’est une étape clé : il suggère pour la première fois que le trouble est biologique et héréditaire.
1917-1918 : L’épidémie d’Encéphalite Léthargique. Après l’épidémie, de nombreux enfants survivants développent des troubles du comportement et de l’attention. Cela renforce l’idée que des lésions cérébrales (même invisibles) peuvent causer ces symptômes. On parle alors de « Lésion Cérébrale Minimale ».
L’évolution dans le DSM (1950 – Aujourd’hui)
Le nom du trouble a changé à mesure que les connaissances progressaient, notamment avec l’apparition du manuel de référence (le DSM).
1950s : Réaction Hypercinétique de l’enfance. L’accent est mis quasi exclusivement sur l’agitation physique (l’hyperactivité).
1980 : Le tournant majeur (DSM-III). On renomme le trouble « Trouble du Déficit de l’Attention (TDA) », avec ou sans hyperactivité. Pour la première fois, on comprend que le problème central n’est pas forcément le mouvement, mais la gestion de l’attention.
1987 (DSM-III-R) et 1994 (DSM-IV) : Le terme définitif de TDAH apparaît. On distingue trois présentations : inattentive, hyperactive-impulsive, et mixte.
2013 (DSM-5) : Le TDAH est officiellement classé parmi les Troubles du Neurodéveloppement. On reconnaît également que le trouble peut persister à l’âge adulte.
L’évolution dans le DSM (1950 – Aujourd’hui)
Le nom du trouble a changé à mesure que les connaissances progressaient, notamment avec l’apparition du manuel de référence (le DSM).
1950s : Réaction Hypercinétique de l’enfance. L’accent est mis quasi exclusivement sur l’agitation physique (l’hyperactivité).
1980 : Le tournant majeur (DSM-III). On renomme le trouble « Trouble du Déficit de l’Attention (TDA) », avec ou sans hyperactivité. Pour la première fois, on comprend que le problème central n’est pas forcément le mouvement, mais la gestion de l’attention.
1987 (DSM-III-R) et 1994 (DSM-IV) : Le terme définitif de TDAH apparaît. On distingue trois présentations : inattentive, hyperactive-impulsive, et mixte.
2013 (DSM-5) : Le TDAH est officiellement classé parmi les Troubles du Neurodéveloppement. On reconnaît également que le trouble peut persister à l’âge adulte.
Réaffirmer certains doutes
La découverte de la Ritaline (1944) : On dit souvent que la découverte du médicament a « créé » la maladie. C’est faux : Leandro Panizzon a synthétisé le méthylphénidate en 1944, mais il n’a été utilisé pour le comportement des enfants qu’à partir de 1954. La pathologie était documentée bien avant.
L’influence culturelle : Il y a un débat historique sur le fait que la scolarisation obligatoire (fin XIXe) a rendu le TDAH « visible ». Ce n’est pas que le trouble est apparu, mais que les exigences de rester assis et concentré pendant des heures ont mis en évidence ceux qui en étaient incapables.
Les sources utilisées pour cet articles :
Lange, K. W., et al. (2010) : The history of attention deficit hyperactivity disorder.
Barkley, R. A. : Attention-Deficit Hyperactivity Disorder: A Handbook for Diagnosis and Treatment.
Still, G. F. (1902) : Some abnormal psychical conditions in children. (The Lancet).
Crichton, A. (1798) : An inquiry into the nature and origin of mental derangement.
